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Voyage d'étude à Cahors :
immersion réussie au cœur de l'action publique pour le M2 MPAPT

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Cahors, terrain d’étude de l’action publique territoriale : retour sur le voyage du M2 MPAPT

Après Nevers en 2024 et Roubaix en 2025, c’est à Cahors que se sont rendu·es en septembre 2026 les étudiant·es du Master 2 Métiers du politique et de l’action publique territoriale (MPAPT) pour leur voyage d’étude de début d’année.

Pourquoi Cahors ?

Chef-lieu du département du Lot, Cahors constitue un terrain d’observation particulièrement riche pour étudier les enjeux de l’action publique territoriale et la manière dont s’opère la territorialisation des politiques publiques dans une agglomération moyenne d’un département rural.

Enserrée dans une boucle de la rivière Lot et entourée par des Causses arides, la ville de Cahors a vu son développement contraint par cette géographie. L’étalement urbain y est de ce fait plus limité que dans la plupart des villes françaises, et la vallée qui l’ouvre, au sud, vers Montauban et Toulouse est marquée par des risques majeurs d’inondation.

Cahors a conservé de nombreuses traces de son passé antique et médiéval. Cette richesse patrimoniale, la qualité paysagère du site, la densité de l’offre d’équipements et de services s’y combinent avec la proximité d’espaces naturels préservés pour offrir un cadre de vie de grande qualité, fidèle au slogan du département du Lot : « Ici on est bien, ici on vit bien » 

Cette qualité de vie renvoie au contexte territorial singulier d’une ville moyenne dans un département de très faible densité : le Grand Cahors, qui réunit 36 communes et 43 000 habitants (dont la moitié dans la ville centre), est le seul pôle urbain important du Lot. Située à 1h30 en voiture ou en train de Toulouse, Cahors demeure à l’écart du développement métropolitain. En dépit de sa taille réduite et de son relatif isolement spatial, la ville n’est pas en déclin. Elle met en lumière la pluralité des modèles de développement et l’existence de capacités d’innovation territoriale hors des métropoles, fondées sur l’intelligence collective des acteurs publics et privés.

La taille du territoire permet en outre de saisir rapidement l’action conjointe des différentes institutions de gouvernement (commune, communauté d’agglomération, département et État). Le temps d’un court séjour, les étudiant·es ont pu découvrir les principales problématiques du territoire et les projets développés par les acteurs locaux pour y répondre : politiques d’attractivité territoriale, de revitalisation du centre ancien, de maintien de l’offre de soins, d’aménagement de zones inondables, d’alimentation, de tourisme, d’accès à la culture pour les habitants des communes rurales ou encore d’autonomie des personnes âgées...

Les trois jours passés à Cahors ont ainsi permis aux 26 étudiant·es de confronter leurs savoirs théoriques avec un cas pratique, et de découvrir les opportunités professionnelles offertes par une ville moyenne.

Lundi 21 septembre : transition écologique, développement économique et urbanisme

Le voyage d’étude s’est ouvert par une rencontre avec Vivien Coste, élu quelques mois plus tôt maire de Cahors et président de la communauté d’agglomération du Grand Cahors, qui a présenté les projets qu’il porte pour son territoire et alerté sur les risques de fracture territoriale qui menacent le pays : comme de nombreuses villes moyennes, Cahors doit relever des défis qui dépendent pour partie des politiques locales, mais aussi de décisions nationales, au premier rang desquelles les investissements pour améliorer la desserte ferroviaire par la ligne Intercités POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse).

Les étudiant·es ont ensuite assisté à plusieurs interventions consacrées au projet alimentaire territorial, au projet climat-air-énergie territorial, à l’animation du développement économique local et à la Grande Opération d’Urbanisme en cours sur l’entrée sud de la ville. Ces interventions leur ont donné l’occasion d’échanger avec les acteurs en charge de ces projets au sein du Grand Cahors, ainsi qu’avec des acteurs économiques comme l’entreprise Tekever, leader européen des drones pilotés par IA, qui vient de s’implanter dans la ville.

Mardi 22 septembre : santé, revitalisation du centre ancien et attractivité touristique

Les rencontres de la deuxième journée ont permis d’aborder trois enjeux majeurs du territoire : l’accès aux soins, la revitalisation du centre ancien et l’attractivité touristique.

Après une présentation de la construction institutionnelle du Grand Cahors et du pacte de gouvernance qui unit ses communes membres, la matinée a été consacrée aux politiques de santé et à l’accès aux soins, enjeu crucial dans un département qui figure parmi les plus âgés de France. En la matière, de multiples initiatives ont été développées par la communauté d’agglomération pour attirer des médecins (hospitaliers et libéraux) et des personnels de santé : ouverture d’un centre de santé dans le cadre du GIP « Ma santé, Ma Région » de la région Occitanie, création d’un campus santé pour offrir des logements de qualité aux internes en stage à l'hôpital, implantation de maisons de santé pluriprofessionnelles dans plusieurs communes du Grand Cahors…

L’après-midi a été consacrée aux enjeux de dévitalisation qui affectent les centres anciens de nombreuses villes moyennes : déprise démographique, vacance commerciale, dégradation de l’habitat ancien… Cahors n’est pas épargnée par ces dynamiques, qu’elle a cherché à contrer en engageant dès 2014 une ambitieuse politique de revitalisation de son centre-ville, « Cahors Cœur d'Agglo », qui a servi de modèle pour le programme national Action Cœur de Ville lancé en 2017.

La journée s’est conclue par une rencontre avec Jean-Luc Marx, président de l’Office du tourisme Cahors - Vallée du Lot, et sa directrice, Clémence Payrot, pour aborder les enjeux d’attractivité touristique d’un territoire disposant de multiples atouts en la matière, ainsi que la stratégie mise en place pour faire de Cahors et de la vallée du Lot une destination cohérente et lisible. Les discussions ont notamment porté sur le développement d’un tourisme plus responsable, mieux réparti dans l’espace et dans le temps, et sur l’équilibre à préserver entre fonctions touristique et résidentielle. Elles se sont prolongées par une dégustation des vins de Cahors qui a été particulièrement appréciée.

Mercredi 23 septembre : changement d’échelle, de la ville au département

La troisième et dernière journée du voyage d’étude a opéré un changement d’échelle, en passant des politiques conduites par la ville et l’agglomération à celles portées par le Conseil départemental et la préfecture.

La matinée passée au  Conseil départemental  a permis d’aborder des thèmes variés. Les présentations ont notamment porté sur le développement de l’offre culturelle comme levier d’attractivité et de cohésion territoriale, sur le vieillissement et les politiques d’autonomie, ainsi que sur la démarche de marketing territorial « Oh my Lot ! » du Département. Elles ont été conclues par de riches échanges avec Guillaume Baldy, vice-président en charge des Finances et de l’Attractivité, et Rémi Bensoussan, directeur général des services.

Accueillis l’après-midi à la  Préfecture, les étudiant·es ont pu échanger avec Marilyne Poulain, préfète du Lot, et plusieurs représentants des services déconcentrés de l’État. Cette rencontre a permis d’aborder des questions au centre des enseignements du master, relatives au pilotage de l’action publique et à la territorialisation des politiques publiques : fonctionnement de l’État local, modalités de mise en œuvre des programmes nationaux, articulation des politiques de l’État avec celles portées par les collectivités… Les échanges ont permis de souligner les interdépendances, les coopérations mais aussi les tensions entre parties prenantes de la gouvernance multi-niveaux, qui façonnent l’action publique au quotidien.

Ce voyage d’études laisse aux étudiant·es un excellent souvenir, qui ne tient pas seulement aux baignades de fin de journée dans le Lot ! Ils ont particulièrement apprécié l’immersion dans le quotidien des collectivités et de l’État, à travers les témoignages d’élus et d’agents engagés pour leur territoire. Il s’agit d’une expérience précieuse à l’heure où ils construisent leur projet professionnel. Certain·es se verraient d’ailleurs bien revenir dans le Lot pour y faire carrière, même s’il faut braver pour cela les incertitudes de la ligne POLT !

Un grand merci aux acteurs du Grand Cahors, du département et de l’État qui les ont accueillis. Les étudiant·es et leurs enseignant·es adressent un remerciement plus particulier à Louis Nespoulous pour son accueil et l’organisation de leur venue.